Esclavage et traite négrière : commémorations angevines de mai 2012

Publié le par LDH49

ABOL-ESCLAVAGE-1-copie-1.jpg   Commémoration de l’abolition de l’esclavage et de la Traite négrière par le CCAETN

D'abord, des expositions et manifestations à Bouchemaine et Trélazé

 

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  Samedi 19 mai au matin, cérémonie officielle à la Mairie d'Angers

Prise de parole de Lydie Greffier, présidente du CCAETN, de Jacques Proult et d'autres personnalités ; lecture du palmarès du concours d'affiches  dénonçant le commerce triangulaire, en présence des enseignants qui remettront les récompenses à leurs  élèves.


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L’après-midi, spectacle théâtralement fort, et clair dans son message. Gérard Noiriel, historien et sociologue, professeur à l’HESS et spécialiste des questions d’immigration, a écrit un texte sur le clown Chocolat, clown qui connut un énorme succès à la fin du 19 ème siècle ; Gérard Noiriel fait alterner explications historiques et évocation de la carrière du clown avec des scènes reconstituées du clown magnifiquement jouées par Marcel Mankita, le tout ponctué ou soutenu par une musique électronique évocatrice et talentueuse, conçue et jouée


par Sacha Gattino.20-MAI-1-031.jpg


Le dictionnaire Robert mentionne ce sens : « Être chocolat, signifie être berné, être privé d’une chose sur laquelle on comptait » Cette expression nous vient du cirque. Elle s’est imposée à la fin du XIXe siècle grâce au fameux duo Foottit et Chocolat.
Né à Cuba en 1864, Chocolat est devenu le premier Auguste noir du cirque français pour fuir l’esclavage. Son duo avec le clown blanc met en scène la domination raciale au moment même où la République se lance dans l’aventure coloniale. C’est l’humiliation de Chocolat, battu, moqué, qui provoquait le rire du public français. C’est sans doute la raison pour laquelle nous avons oublié le seul clown noir de notre cirque national. Ainsi sont réunies plusieurs démarches : celles du chercheur, le spectacle et l’art du clown, le cinéma et la musique. C’est en ce sens qu’a été créee l’association DAJA qui regroupe artistes, chercheurs et militants désireux de créer des passerelles fécondes entre les différents domaines.

Après-midi de théâtre et de débat alternés : la question des statistiques ethniques est soulevée ; d’un côté, danger de figer des critères ethniques que l’on conteste et que les statistiques soient tendancieusement exploitées par des partis politiques. D’un autre, nécessité de voir l’évolution des discriminations. G.N suggère que ces données soient conservées entre chercheurs. Question aussi du rôle des chercheurs par rapport aux medias ; GN déplore que les chercheurs soient placés en position de spectacle et ne puissent pas vraiment informer le public de leurs découvertes. Il mène une lutte pour que l’Histoire ne soit pas récupérée par la politique et fait partie du Comité de vigilance face aux usages publics de l’Histoire. Il s’érige contre le reproche de repentance adressé par le précédent Président de la République : la tâche des historiens n’est pas d’inviter à se repentir mais d’informer les citoyens sur les faits historiques tels qu’ils ont été établis par la recherche afin qu’ils ne soient pas relégués dans l’oubli. Merci au Comité contre l’esclavage et la Traite négrière d’Angers d’avoir invité ce spectacle de qualité. Un regret que des élèves de 1er cycle et 2nd cycle de l’enseignement n’ait pu assister à ce spectacle

 

Musique en fin d'après-midi et spectacle le soir avec le poète Christian Ursulet qui a lu "Transportation" accompagné par des chants et des danses.


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A signaler la belle exposition au théâtre Chanzy de Philip Semiramoth, peintre antillais

 


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Un public attentif, intéressé et joyeux aux moments de restauration.

Merci à tous les bénévoles et aux artistes.

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