Commentaires de la circulaire Valls

Publié le par LDH49

(sur le site de Libération 28/11/2012)

Réactions La circulaire porte sur les critères de régularisation des sans-papiers.

La circulaire Valls sur les critères de régularisation de sans-papiers a provoqué des réactions mitigées, au sein de l'opposition de gauche comme de droite.

 


Jean-François Copé
, président contesté de l’UMP, a mis en garde mercredi «contre le double discours de Manuel Valls sur l’immigration»«L’apparente fermeté ne parvient pas à masquer un réel laxisme», déclare Copé dans un communiqué.

«Le néologisme de François Hollande "immigration intelligente" traduit d’ailleurs bien cette ambiguïté du gouvernement dont la sémantique floue cherche à satisfaire les consciences de la gauche bien-pensante tout en donnant l’illusion de la fermeté», ajoute Jean-François Copé.

«En parallèle, Manuel Valls a multiplié les mesures visant à ouvrir les vannes de l’immigration : arrêt des placements en centres de rétention administrative pour les familles de clandestins, suppression de la franchise de 30 euros pour bénéficier de l’aide médicale d’Etat (AME), (...) baisse de plus de 50% du coût d’un visa pour obtenir un titre de séjour», selon lui. «On cherche vainement la cohérence d’une politique qui prétend restreindre les régularisations de clandestins tout en facilitant leur accès sur notre sol», déplore le responsable UMP.

Selon lui, «avec Manuel Valls, les discours sont durs, mais les actes sont faibles. Sa politique d’immigration est vouée au même échec que sa politique de sécurité : après des mois de rodomontades inutiles, la délinquance a explosé en octobre dernier (+9% de hausse des violences contre les personnes)». «Cette circulaire est de la poudre aux yeux pour masquer la réalité du laxisme d’un gouvernement qui, pour l’heure, fait le choix du communautarisme», estime Jean-François Copé.

Le Parti de gauche (PG) a de son côté déploré mercredi que «six longs mois de discussions (...) aboutissent à une circulaire dans la stricte continuité de Sarkozy», à propos des nouveaux critères de régularisation pour les sans-papiers rendus publics par Manuel Valls. «En martelant que la nouvelle circulaire ne permettra ni plus de régularisations, ni moins de reconduites à la frontières que sous le mandat Sarkozy, Valls affiche la couleur : il n’y aura pas de rupture avec les politiques sécuritaires et racistes d’hier», est-il ajouté.

Le parti de Jean-Luc Mélenchon constate que «la politique du chiffre n’est donc absolument pas abandonnée ! Le ministre de l’intérieur annonce une moyenne de 3 000 régularisations par an, tout en estimant à 350 000 le nombre de sans papiers présents en France».

«Le discours reste celui du lien entre immigration et chômage», ajoute le communiqué. «En refusant toute régularisation massive comme en 1981 et 1997 parce que "la situation économique et sociale nous l’interdit", Valls fait sienne l’association "immigration et chômage" tant distillée par l’extrême droite», accuse le PG.

Le Parti de Gauche tient «à marteler que le problème ce n’est pas l’immigration mais la domination de la finance et les politiques d’austérité». «Le refus de toute confrontation avec la droite et l’extrême droite amène le gouvernement Hollande-Ayrault à gérer dans la continuité. Ce n’est pas ce qui était attendu d’une famille politique qui avait historiquement défendu les droits des étrangers», ajoute le parti de gauche

 

Noël Mamère (photo AFP), député écologiste de Gironde a déclaré mercredi à l'AFP : «Tout ça pour ça! Une aussi longue attente pour une circulaire qui ressemble à une circulaire de Claude Guéant (...) Sur les marqueurs qui font la différence entre la droite et la gauche, on assiste à une série d’abandons (...) On a l’impression d’assister à une victoire idéologique de la droite sur les questions de société alors qu’elle est en pleine décomposition. A force de vouloir se montrer intransigeante, la gauche recule et régresse. On n’a pas voté pour ça».

Guillaume Larrivé, député de l’Yonne et porte-parole du groupe UMP pour l’immigration a quant a lui estimé dans un communiqué : «Manuel Valls a lui-même admis, au Sénat, que cette circulaire entraînerait "dans un premier temps, une augmentation ponctuelle des régularisations". En réalité, cette augmentation sera massive et durable (...) Le gouvernement socialiste va créer des files d’attentes de clandestins devant les préfectures, comme en 1981 sous François Mitterrand et en 1997 avec Lionel Jospin. Cette circulaire est une prime à la clandestinité».

Quant à Jean-Luc Laurent, député du Val-de-Marne et président du MRC, il a réagi par un communiqué : «le Mouvement Républicain et Citoyen s’est toujours opposé à une régularisation collective et a toujours défendu un examen individuel des situations sur la base de critères. L’approche du ministre est la bonne. La circulaire Valls donne un cadre clair qui va permettre au gouvernement de s’attaquer à la lutte contre l’immigration clandestine, en démantelant les filières et en luttant contre le travail organisé des clandestins. Avec cette circulaire, c’est la République pour tous avec la fin de l’arbitraire préfectoral et des papiers sur la base de critères raisonnables».

(AFP)