Dérapages policiers, un citoyen angevin témoigne

Publié le par LDH49

Bernard nous a contacté pour nous faire part de l'incident survenu le 29 janvier dernier, alors qu'il se rendait à la manifestation prévue sur Angers ce jour là.

Voici son témoignage, "les faits, rien que les faits" :

"Jeudi 29 janvier 2009, aux environs de 10h45, je cherche une place de stationnement proche de la place Leclerc en vue de participer à la manifestation programmée ce jour.

Je longe d'abord le jardin du Mail près de la place Lorraine avant de prendre à droite en direction du Centre des Congrès.
Je descends donc le boulevard et ce faisant je constate qu'il y a beaucoup de monde sur et autour de la place Leclerc.
A l'instar de la voiture qui me précède (type Kangoo blanche), je me déporte sur la voie de gauche pour éviter les piétons manfestants qui débordent donc sur la chaussée.

A cet instant précis, un policier sans doute affecté à la circulation autour de la manifestation me fait signe d'arrêter mon véhicule. Il fait également tourner son doigt en marchant vers moi, ce qu'il faut interprêter comme une injonction à baisser ma vitre.
Je ne réponds pas immédiatement à son injonction, le temps pour moi de râler contre le fait que je suis systématiquement arrêté par la police ou la gendarmerie dès qu'il y a un contrôle routier.

Ensuite, j'ouvre ma portière et écoute ce qu'il a me dire. En l'occurence, il me demande si je connais la vitesse à laquelle je roule. Je lui réponds que je suis en première et que je roule très vraisemblablement à 20 kmh maxi.
Le policier me dit qu'il faut rouler à 10 kmh. Je réponds qu'il ne me semble pas aller trop vite et que, d'ailleurs, les piétons n'ont pas eu de réaction particulière à mon passage. Je demande donc à poursuivre ma route, me stationner et aller manifester.
Il ne parait pas de cet avis et le ton commence à monter entre nous. Néanmoins, je reste correct et ne verbalise aucune insulte ni menace. La tournure de notre conversation lui fait dire que je suis sous l'emprise de l'alcool et il demande à voir les papiers du véhicule.
Je lui remets l'attestation d'assurance et le permis de conduire. La carte grise étant à mon domicile, je ne suis pas en mesure de la lui présenter.

Le policier me demande alors de placer mon véhicule près du mini-bus de la police pour vérifier sans doute les informations que la carte grise aurait pu lui fournir.
J'obtempère et fais d'abord une courte marche arrière car la place indiquée est de l'autre côté du boulevard et dans la direction opposée à la marche initiale de mon véhicule.

Je braque ensuite les roues cpmplètement à gauche avant de passer la première. J'embraye trop vivement, le véhicule fait un hoquet et provoque la surprise d'un autre policier qui circule à pied dans le couloir de bus.
Surpris moi-même par cette manoeuvre et conscient de la "frayeur" du policier, je stoppe immédiatement mon véhicule. Aussitôt, j'entends : " c'est bon, ça suffit !". Ma portière est alors ouverte brutalement et des policiers s'évertuent à me faire sortir de la voiture sans ménagement.

Instinctivement, je cherche à rester " à l'abri " dans ma voiture et la violence des policiers redouble : je suis extrait de la voiture, plaqué au sol et menotté dans le dos. Fortement impressionné par cette interpellation, je cherche à interpeller les passants une première fois mais deux doigts d'un policier dans la bouche m'en empêchent.

Puis les policiers me redressent et je m'adresse une nouvelle fois aux passants en leur demandant d'être témoins de ce qui vient de se passer : " ( au secours ?), ne (les ?) laissez pas faire ça !".
Une jeune fille avec un manteau vert se dirige alors vers nous et s'adresse aux policiers : " mais laissez le, il n'a rien fait ! ".

Ensuite, je suis conduit dans le mini-bus de la police où je vais attendre 15 minutes, menottes aux poignets dans le dos, avant d'être conduit au commissariat central où me sera signifiée ma garde à vue. Elle durera 5 heures. Le temps de subir un test salivaire de dépistage du cannabis, d'être pris en photos sous trois angles différents, d'apposer mes empreintes digitales sur divers tampons encreurs et cartonnettes, et d'être enfin entendu pour ma déposition."


Bernard est sorti de garde à vue avec une convocation en justice qui se tiendra en avril, et a fait appel à un avocat.

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