RESF appelle à manifester, en soutien à Ammar Amedjar

Publié le par LDH49

il ne reste que quelques jours pour empêcher l'expulsion d'Ammar Amedjar,ce jeune père de famille arrêté à la sortie de l'école de sa fille le vendredi 6 février.


C'est pourquoi, RESF 49 appelle à un rassemblement samedi 21 février à 14h30 devant la préfecture d'Angers pour demander un titre de séjour pour Ammar et éviter que cette famille ne soit une nouvelle fois déchirée.


Rahma,sa femme,Maria et Amina,leurs deux petites filles, ont besoin de vous!



Rappel des faits :


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DOUCEUR ANGEVINE ET ACHARNEMENT POLICIER


Le 6 février, veille des vacances de la zone d'Angers, Ammar Amedjar, père de Maria (2,5 ans) était arrêté à proximité de l'école Aldo Ferrarro, à Angers, où il venait de déposer sa petite fille. Un

épisode de plus dans une histoire bien sordide.


Ammar Amedjar est marocain, marié avec une jeune femme d'origine marocaine qui réside en France depuis l'âge d'un an, titulaire d'une carte de résident (10 ans).


Ils se sont mariés en 2005 au Maroc. Après le mariage, elle rentre en France, où vit toute sa famille, pour rechercher un emploi, afin de faire une demande de regroupement familial. Déchirée, entre la

France où est sa vie depuis toujours et le Maroc où se trouve son mari, elle fait des aller-retour au moins 2 fois par an pour le voir. Des enfants naissent : Maria a deux ans et demi, Amina 7 mois.


En mars 2008, lassé d'attendre ce regroupement familial qui ne vient jamais, Ammar entre en France avec un visa de trois mois ; lorsque celui-ci expire, il décide de rester près de sa femme et de sa première fille, la seconde devant naître peu après.


En juin 2008, à quelques jours de la naissance d'Amina, la police l'interpelle à son domicile, le place en garde à vue puis en rétention à Rennes. Arrivé à l'aéroport, il refuse de monter à bord. Il est remis en garde à vue et passe en comparution immédiate à Rennes. Il est libéré mais condamné à un mois de prison pour refus d'embarquement.


Il retourne chez lui ; quelques jours après des policiers se présentent à son domicile vers 8 h du matin en lui demandant de les suivre pour des formalités administratives à la préfecture.


Hésitant, il accepte pourtant et se retrouve à nouveau en garde à vue. L'après midi même, il est emmené à l'avion. Craignant une nouvelle condamnation, il embarque pour Casablanca.


Après 2 mois passés loin de sa femme et de ses 2 petites filles, il décide en septembre de revenir clandestinement en France.


Et voilà que le 6 février, à la veille des vacances scolaires (un hasard, sans doute !), il est arrêté, à moins de 100 m de l'école où il vient à pied, comme chaque matin, déposer Maria. Un policier informe ensuite sa femme qu'il est emprisonné à la maison d'arrêt d'Angers pour purger sa peine.


La petite Maria ne comprend toujours pas pourquoi son papa n'est pas venu la chercher*. Rahma, la femme d'Ammar, est désespérée mais bien décidée à se battre contre l'injustice. Un nouvel APRF a été notifié à Ammar en prison. Son recours a été jugé mardi 17 février au Tribunal administratif. Présente bien sûr à l'audience, Rahma a pu exposer les faits devant le juge… qui a décidé de valider l'arrêté de reconduite d'Ammar. *


*Ses justifications sont dignes d'une anthologie de l'inhumanité judiciaire : à l'en croire, l'expulsion d'Ammar ne remettait pas en cause la famille parce que les filles sont encore petites ( ! !) et que la vie du couple n'a pas été stable pendant plusieurs années (et pour cause!). Il avance enfin l'idée que Rahma pourrait rejoindre son mari au Maroc puisqu'elle est marocaine… Cette désinvolture est terrifiante ! C'est une façon de nier les 26 ans sur 27 de vie en France de Rahma et les 30 ans de boulot en France de ses parents ! Elle a appris à parler en français, elle a fréquenté les bancs des écoles françaises de la maternelle au lycée. Elle n'est jamais allée au bout de ses démarches de naturalisation parce que, comme elle disait encore en sortant du tribunal, elle se sent tellement française qu'elle n'a pas pensé avoir besoin de le prouver par un bout de papier. Et voilà un juge qui vient nier aujourd'hui, de façon sordide, qu'elle n'est pas française et qu'elle n'a pas sa place avec son mari et ses enfants là où elle a toujours vécu. *


*Ce n'est pas qu'Ammar qu'ils veulent expulser ! Moralement, c'est  aussi Rahma et ses filles qu'ils excluent ! Le repli identitaire que certains craignent, ce sont les lois dangereuses appliquées de façon stupide qui risquent de le provoquer. *


*Maintenant, les choses sont simples : si on laisse faire, au terme de sa peine, Ammar sera conduit directement de la prison à l'aéroport pour être expulsé une fois encore alors que sa femme et ses filles sont en France où elles ont passé toute leur vie.*


*L'attitude des autorités est honteuse, à tous les points de vue.*


*Monsieur Sarkozy jadis, Monsieur Hortefeux plus récemment, M. Darcos, Ministre de l'Education il y a peu, se sont à plusieurs reprises engagés publiquement à ce qu'il n'y ait pas d'arrestation dans les écoles ou à leurs abords... Cet engagement ne concernerait-il pas le Maine-et-Loire ? Ou la parole des ministres serait-elle sans plus de valeur que celle d'un président de la République ?*


*Ammar Amedjar n'a commis aucun autre délit que de vouloir vivre auprès de sa femme et de ses enfants. Il l'a demandé légalement. Il en a attendu l'autorisation pendant des années pendant lesquelles les autorités se sont moquées de lui et de sa famille. Quand il a décidé de rester auprès de ses enfants, la réponse de la République sarkozyste a été la police, l'interpellation, la violence, la condamnation, la déloyauté et, pour finir, l'arrestation à la porte de l'école de son enfant et la prison en attendant un nouvel exil. Et pour faire bon poids, l'insulte à Rahma.*


*Il faut d'autre part et évidemment, qu'un titre de séjour vie privée et familiale soit immédiatement délivré à Ammar Amedjar et que des excuses publiques soient faites à Rahma Amedjar et à ses filles pour le traitement scandaleux dont leur père et mari a été victime.*

Publié dans Immigration - Asile

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