Des demandeurs d’asile sans hébergement

Publié le par LDH49

Jeudi 10 juillet, nous avons appris que 14 demandeurs d’asile étaient à la rue depuis plusieurs nuits, le dispositif du 115, SAMU social, étant saturé...


La coordination migrants s'est réunie le jour même. Nous avons contacté la préfecture pour lui demandant d'assurer l'hébergement de ces personnes (Soudanais, Erythréens, Tchétchènes), afin de respecter le droit d'asile. Nous demandions à être reçus éventuellement.


La municipalité soutient nos démarches mais souhaite que l'Etat prenne ses responsabilités et ne veut pas se substituer à la préfecture comme la dernière fois en prenant en charge quelques nuitées. 
Le soir, sous la pluie battante, nous sommes allés à l'Abri de la Providence et avons ramené dans un local d'accueil du jour du Secours Catholique (comme en avril) 8 personnes qui étaient à la rue. Nous avons préparé un dîner et elles ont pu dormir sur place.
Le vendredi, nous nous sommes réunis à nouveau. Nous avions une réponse de la préfecture: rendez vous avec Mme Debatte à 17 h.


5 représentants de la coordination migrants ( LDH, APTIRA, Secours catholique, Pastorale des migrants, REDA) ont été reçus par Mme Debatte et M. Monfort de la DASS
La préfecture et la DASS nous précisent qu’ils ont déjà activé l'ANAEM pour que des places en CADA (centre d'accueil pour demandeurs d'asile) soient attribuées là où c'est possible, dans d'autres départements, ils nous promettent d’intervenir à nouveau dès le soir même et jusqu’à ce que les places en CADA soient attribuées. Nous insistons pour que la préfecture trouve des solutions dès maintenant sans attendre le transfert de ces personnes dans un CADA en Maine et Loire ou ailleurs. Mais en ce qui concerne l'urgence à savoir l'hébergement dès le soir de 14 personnes à la rue, (qui ne pourront même pas avoir la douche et le petit déjeuner à partir du lendemain et jusqu'au 15 août car le PASS rue de Crimée est fermé)... RIEN !


De plus, pour éviter de se retrouver dans cette situation où l'on ne peut pas fournir l'hébergement à des personnes qui ont fait leur demande d'asile, on demande à l'espace accueil d'arrêter les domiciliations, ainsi les gens ne pourront plus faire leur demande d'asile !...


Pendant tout le week-end du 14 juillet, les personnes ont donc été logées dans un local du secours catholique sans lits, ni douches…

La coordination migrants réunie le mardi 15 juillet interpelle à nouveau Mme Debatte suggérant la réquisition d'un lieu public.

Finalement, La préfecture a pris en charge 16 places au Lac de Maine pendant 7 jours.

Aux dernières nouvelles, une douzaine de places ont été accordées en urgence en CADA par le dispositif national, et quatre places pour des familles.

 

Le problème est donc provisoirement réglé mais comment cela se passera-t-il pour les prochains ?

Sans possibilité de domiciliation, les futurs candidats à l’asile ne pourront pas déposer leur demande.

Encore une fois, c’est le droit d’asile qui est remis en question….

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