La récidive en chiffres

Publié le par LDH49

Mercredi soir, à l'Institut Municipal, Annie Kensey, sociologue, démographe et intervenante à l'ENM nous a exposé son travail sur la situation de la population carcérale en France, et sur la récidive.

L'exposé de cette situation reposait sur de nombreuses données chiffrées tirées de l'étude des dossiers de l'Administration Pénitentiaire et des casiers judiciaires.


Quelques chiffres clés à retenir de ce débat :

- En 2008, 67 828 personnes sont placées sous écrou.
- L'inflation carcérale est telle qu'entre 1975 et 1995, le nombre de détenus a doublé alors que, sur la même période, la population française n'a augmenté que de 10%.
- Sur  115 maisons d'arrêt, 107 ont plus de 120 détenus pour 100 places et plus d'un quart des détenus sont placés dans des maisons d'arrêt où la densité est supérieure à 150 détenus pour 100 places.
- 97% des détenus sont des hommes, 60% des détenus n'ont pas un niveau d'enseignement primaire.
- Évolution de la durée de la peine : De 1945 à 1995, les peines se sont allongées, passant d'une durée moyenne de 4 mois en 1945 à huit mois en 1995. Depuis ce chiffre s'est stabilisé et on note récemment une augmentation des courtes peines. Aujourd'hui, 15 000 détenus effectuent de longues peines (5 ans et plus).
- Seuls 2 condamnés sur 10 bénéficient de mesures d'aménagement de peine, alors qu'il est démontré que les risques de récidive de ceux qui bénéficient de ces mesures sont largement diminués.
- L'allongement de la peine n'a aucune incidence sur le risque de récidive à la sortie.



Suite à cet exposé, un débat avec la salle s'est instauré. Ce débat a été très riche du fait de la présence notamment d'une avocate, du directeur du SPIP (service pénitentiaire d'insertion et de probation), et du président du Tribunal de Grande Instance d'Angers.

Il a entre autres été rappelé la situation de la maison d'arrêt d'Angers :
- 242 places pour 440 détenus (dont 40 en placement à l'extérieur).
- 2 travailleurs sociaux pour la maison d'arrêt.
- 2 000 personnes suivies en milieu ouvert par le SPIP en Maine-et-Loire, pour 20 travailleurs sociaux (ce qui correspond à peu près à 85 dossiers par travailleur social sur Saumur, et environ 110-120 dossiers pour un travailleur social à Angers).

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