Dans le désert libyen, les migrants face au risque d’enlèvements

Publié le par LDH49

Dans un article publié le 10 septembre sur le site de Médiapart, Caroline Fouteau décrit la situation des migrants qui traversent la Libye au péril de leur vie, de torture et d'enlèvements

"Aux mains des passeurs toubous et touaregs sévissant dans le sud du pays, les migrants subsahariens sont, en outre, la cible de ravisseurs qui les torturent et les rançonnent le long du périple qui les mène du désert du Sahara aux côtes libyennes."

La fin de l'article rappelle les tractations entre le pouvoir libyen et la France pour contrôler l'immigration :

Quelques jours après sa visite en France, au cours de laquelle il avait été reçu à La Celle-Saint-Cloud par Emmanuel Macron en compagnie de son rival de Tripoli Fayez al-Sarraj, le général Khalifa Haftar, commandant de l’armée nationale libyenne, homme fort de l’est du pays, avait présenté l’addition, en estimant à 20 milliards de dollars sur vingt ou vingt-cinq ans la somme nécessaire pour verrouiller la frontière sud du pays. « Mes soldats sont prêts. Je contrôle plus des trois quarts du pays. Je possède la main-d’œuvre, mais il me manque les moyens », avait-il déclaré. Le président français « m’a demandé ce dont on a besoin, je suis en train de lui envoyer une liste », a-t-il précisé, énumérant « des formations pour les gardes-frontières, des munitions, des armes, mais surtout des véhicules blindés, des jeeps pour le sable, des drones, des détecteurs, des lunettes de vision nocturnes, des hélicoptères ».

Un tel marchandage rappelle celui exercé en son temps par Mouammar Kadhafi, qui, en 2008, avait obtenu 5 milliards de dollars dans le cadre d’un « traité d’amitié » signé par le président du conseil italien d’alors, Silvio Berlusconi, pour empêcher les migrants de quitter les côtes libyennes. Par intermittence, le nombre des traversées a baissé – avant de reprendre. Pas toujours au même endroit. Les réseaux se redéploient sans cesse, là où l’offre rencontre la demande : de nouvelles routes s’ouvrent ainsi, contournant les obstacles sécuritaires, plus longues, plus chères… et plus dangereuses pour les migrants.