Le camp et le squat en sursis

Publié le par Courrier de l'Ouest

Vincent BOUCAULT - 17/08/2017

Plusieurs familles roms expulsées en juillet avaient trouvé refuge rue du Maine. La Ville les poursuit en justice. Le squat de la Rose est aussi visé.

En matière de squat, tout est toujours en mouvement à Angers.

Ainsi, le 11 juillet, les forces de l’ordre expulsaient les occupants de trois lieux illégalement occupés : le Chêne-Vert, les Trois Paroisses et la Vendange. Les deux premiers abritaient des Roms, le dernier essentiellement des réfugiés somaliens.

Aussitôt, une autre maison appartenant à Angers Loire Métropole était « réquisitionnée » rue de Salpinte, pour reloger des ressortissants africains ; c’est le squat de la Rose. Et un camp s’improvisait rue du Maine, là où de nombreuses associations militantes sont hébergées dans des préfabriqués. Et à deux pas de la halte de nuit de Rouchy qui, par manque de places, refuse souvent des hébergements à des familles réfugiées, Roms ou non.

Plusieurs familles Roms ont trouvé refuge dans ce village de toiles de tente. Le plus jeune, Adrian, n’a que sept jours. C’est le huitième enfant que Ramoci Badushe a eu avec son mari. La famille, d’origine kosovare, s’accroche à Angers depuis 2009.

Un autre squat boulevard de la Romanerie

Adrian, sa famille et leurs voisins de tentes vont devoir vraisemblablement trouver un autre point de chute rapidement. La Ville, propriétaire du terrain, les assigne devant la justice le 24 août. « On les menace d’une condamnation de 1 000 € ainsi que d’une astreinte de 100 € par jour, s’insurge Djamel Blanchard, qui les suivait déjà rue des Trois-Paroisses pour l’Association des jeunes de la Roseraie. C’est vraiment ignominieux. Et pendant ce temps, le président de l’agglomération invite à signer la pétition pour le droit au logement d’ATD-Quart Monde ».

Le squat de la rue de Salpinte est, lui, dans le collimateur d’Angers Loire Métropole (ALM). Une première audience, qui n’a pu se tenir pour des raisons techniques, a été reportée au 13 septembre.

Un autre lieu, qui appartiendrait de nouveau à ALM, a été à son tour « réquisitionné » boulevard le Romanerie à Saint-Barthélemy. Environ 25 Roms y ont élu domicile. Difficile d’imaginer que la collectivité aura une attitude différente à son égard.