Fin programmée du monde associatif ?

Publié le par LDH49

Fin programmée du monde associatif ?

La LDH49 publie ci-dessous quelques extraits d’un article à lire sur Médiapart -  le blog de Gilles Rouby, militant de l’Education populaire - « Education populaire : un capital social en voie de disparition ? »

Absence d'un ministère de plein exercice, suppression annoncée des emplois aidés, recours aux Appels à projet, suppression de subventions dans les Ministères comme dans les politiques ciblées (politique de la ville, culture...) ou de la réserve parlementaire...

Le modèle de société que représente le monde associatif est en danger. Patrick Viveret évoque un sinistre majeur : « Nous sommes en train d’aller vers un sinistre majeur des associations parce qu'elles n’ont plus de véritables financements par subventions publiques d’Etat ou de collectivités territoriales, l’essentiel de leurs moyens d’accès à leur capacité d’existence est en train d’être menacé. C’est tout le capital social d’une nation qui est en cause. » 

LES ASSOCIATIONS UNE RICHESSE POUR LA NATION

Parlons société. Le secteur associatif c’est 1,3 millions d’associations, 13 millions de bénévoles et 1,8 millions de salariés. Neuf associations sur 10 fonctionnent sans salariés. Selon l’INSEE, le volume de travail des bénévoles représente 680.000 emplois à temps plein. Dans toutes leurs diversités, les associations incarnent un modèle de société qui a structuré la France en profondeur. Voilà ce qui est menacé, pour les associations elles-mêmes, mais surtout pour tous les bénéficiaires des actions associatives, c'est-à-dire l’ensemble des habitants de notre pays.

Parlons économie. Le secteur associatif représente 60 milliards d’euros, soir 3,5% du PIB. Selon un sondage CSA de 2009, son intervention dans l'aide aux personnes en difficulté (81%) ou dans le maintien et le développement du lien social (79%) est essentielle aux yeux de 68% des français qui jugent son action efficace, loin devant l’entreprise (49%). Ne faut-il pas y voir l’existence d’un marché dans lequel le monde de l’entreprise entend bien gagner des parts ? Mais pour cela il faut d’abord affaiblir les associations.

Parlons Education populaire. La Ligue de l’Enseignement a été créée en 1866 par Jean Macé, 15 ans avant les lois Ferry qui rendent l’enseignement primaire gratuit et obligatoire. Dans tous les domaines, le mouvement associatif d’Education Populaire a institué le droit avant qu’il ne soit institutionnalisé. C’est ce moteur qui va être mis  l’arrêt. La société civile, organisée collectivement au sein d’associations et de fédérations, a toujours été en avance sur les problèmes de la société.