Rennes. Les 175 migrants du squat de la Poterie à la rue: "Une catastrophe annoncée !"

Publié le par LDH49

Rennes. Les 175 migrants du squat de la Poterie à la rue: "Une catastrophe annoncée !"

Où qu'on soit, à Angers, à Rennes, on jette des personnes à la rue ?!... 

Ouest France publie sur son site cet article de Samuel Nohra.

Pour Armelle de l’association Un toit c’est un droit, c’est une catastrophe annoncée. Demain lundi, les 175 migrants qui occupent le square de la Poterie vont se retrouver à la rue sans solution de logement. Ils ne sont pas expulsés par la force mais respectent la convention d’occupation qu’ils avaient signée avec le groupe Lamotte, propriétaire du bâtiment voué à la destruction. Question : Où iront-ils ? Un casse-tête pour la Préfecture mais aussi la ville de Rennes.

Elle a 30 ans, est originaire de la République Démocratique Du Congo et vit depuis un an dans le squat de la Poterie. Son petit Franklin, 7 mois, y est né. Et comme les 173 autres occupants du squat, elle se dit "angoissée". Elle explique ; "Lundi, avant 10 h, on doit quitter les lieux. On respecte la convention d’occupation que l’on avait signée avec le groupe Lamotte. Mais on ne sait pas où on ira dormir. Ça me fait tellement peur que je n’en mange plus. Comme beaucoup ici".

Pas d’expulsion mais le respect de la convention

Les migrants ne seront effectivement pas expulsés. Christophe Mirmand, préfet d’Ille-et-Vilaine et de Bretagne, l’avait confirmé vendredi. Pas de recours à la force publique et d’ailleurs personne ne l’a sollicité légalement pour procéder à une évacuation des lieux.

Autre point : les migrants présents dans le squat, dont plus de la moitié ont épuisé les recours pour rester en France, ne se trouveraient pas dans une situation d’urgence et donc, ne pourraient pas prétendre à des hébergements d’urgence qui sont d’ailleurs déjà saturés dans le département.

Une compétence de l’État pas de la ville

Du côté de la ville, la maire Nathalie Appéré, avait sollicité, le 11 juillet dernier, par courrier adressé au préfet, l’autorisation d’héberger les migrants dans un gymnase municipal. Ce dernier n’a pas donné son aval. À savoir aussi que l’hébergement des migrants n’est pas une compétence de la ville mais bien de l’État même si la ville a déjà consenti d’importants efforts financiers et cherche à trouver des solutions. Mais elle n’a pas les moyens financiers ni logistiques pour prendre en charge 175 migrants et renvoie la responsabilité sur la préfecture et l’État.

"On avait tiré le signal d’alarme"

Pour Armelle, de l’association Un toit c’est un droit, "c’est une véritable catastrophe annoncée… Des familles, des enfants, des gens faibles vont se retrouver dans la rue. C’est d’autant plus navrant que ça fait des semaines que l’on tire le signal d’alarme et que l’on essaye de trouver des solutions."

Reste à savoir maintenant ce qui sa passer et est ce qu’une solution va être trouvée ?