Segré : le collectif plantera des tentes, place de la Mairie

Publié le par LDH49

Le Collectif segréen pour la libre circulation des personnes monte au créneau pour dénoncer l’action de la préfecture. Un rassemblement est prévu samedi.

(Segré-en-Anjou Bleu)

Jeudi 15 juin 2017

 

La mobilisation

Des tentes et des yourtes, déployées sur la place Aristide-Briand. C’est l’action, pas vraiment banale, du Collectif segréen pour la libre circulation des personnes, qui soutient cinq familles et trois personnes, en demande d’asile. « Ces abris seront posés comme des symboles, pour bien montrer que la préfecture accélère le processus d ’ expulsion des logements », se fâche Roland Briend, membre du collectif.

« Des logements sont inoccupés »

Il poursuit, soucieux : « Ce mercredi (hier, N.D.L.R.), deux familles (l’une venue d’Algérie et composée de deux adultes et trois enfants, l’autre, d’Arménie et de confession yézidie, composée de deux adultes et un enfant) sont en audience au tribunal administratif de Nantes. La préfecture de Maine-et-Loire souhaite les faire sortir des logements qui leur avaient été attribués lorsqu’elles bénéficiaient d ’ un suivi administratif. » Et les membres du collectif de souligner : « Pourtant, à Segré, des logements sont inoccupés. » Sur le sujet, justement, des logements, ils avaient demandé aux élus d’Anjou bleu communauté (ABC) de les recevoir, pour un temps d’écoute et d’échanges, afin d’élargir l’audience. « Nous avons été reçus mardi dernier », précise le collectif. Si certains élus semblaient connaître le sujet, d’autres ont modestement reconnu en prendre toutes les dimensions, grâce aux témoignages de certains intervenants. « Les enfants n ’ ont connu que l’ école à Segré. Ils parlent, chahutent et jouent en s ’ exprimant en français. Mais quand ils rentrent, le climat est moins serein. Les parents n ’ ont pas de projet, ils n ’ ont pas le droit de travailler, expliquent les bénévoles du collectif. Ils étaient agriculteurs, menuisier, mécanicien ou coiffeuse et ne peuvent plus transmettre leur savoir-faire et utiliser leurs compétences. Ils n ’ ont pas de papiers, ne peuvent pas s’ inscrire dans un club de sport ou tendre une ligne au bord de l ’ Oudon ou de la Verzée. Le stress, la peur régulent les journées. Les enfants ont des difficultés à trouver le sommeil. »

Gilles Grimaud pour la régularisation

Les membres du collectif ont demandé aux élus de réfléchir à des solutions de logement. Ils comptent sur eux, aussi, pour relayer l’information auprès de leurs collègues conseillers communautaires, auprès de leurs conseils municipaux et ceux des communes déléguées, auprès de la préfète, auprès de ses services, auprès du conseil départemental… Gilles Grimaud, président d’Anjou bleu communauté, a dit « être attentif et les considérer comme des familles segréennes, admettant que, parmi les 26 personnes soutenues, certaines sont à Segré depuis 3 à 8 ans. Il n ’ est plus temps de les renvoyer. La régularisation est la solution » . Pour soutenir les familles, marquer l’exaspération face aux situations dramatiques, pour exprimer le refus des expulsions programmées des logements par la préfecture et pour encourager les élus à prendre position, chacun est invité à venir, samedi, avec un instrument de musique, des chansons et des textes indignés. Des musiciens, des lecteurs du groupe les Voix liées, des chanteurs du groupe le Coup de rouge émailleront le rassemblement, qui se repliera, pour un pique-nique solidaire au bord de l’Oudon, vers la place du Moulin-sous-la-Tour.

Samedi 17 juin,
sur la place de la Mairie (ou place Aristide-Briand),
à Segré, à partir de 11 h.

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