Devoir de mémoire - 8 mai 2017 - Pont Confluence

Publié le par LDH49

Devoir de mémoire - 8 mai 2017 - Pont Confluence
Devoir de mémoire - 8 mai 2017 - Pont ConfluenceDevoir de mémoire - 8 mai 2017 - Pont Confluence

Rassemblement à Angers sur le pont Confluence avec les Anciens Appelés en Algérie et leurs Amis Contre la Guerre, la Libre Pensée, le Mouvement de la Paix, la Ligue des Droits de l'Homme.

A cette occasion, la LDH49 a présenté le « vœu » qu’elle proposera lors du prochain Congrès de la LDH à Grenoble, concernant les cérémonies de commémoration.

Nous voudrions que les commémorations du 11 Novembre et du 8 Mai ne soient plus seulement la célébration d’une fin de guerre avec, souvent, ses cérémonies militaires mais des fêtes de la paix qui dénoncent les conflits en y associant toutes les victimes qu’elles soient civiles : otages, opposants, victimes de génocides ou de bombardements…ou militaires tant Français qu’Etrangers, en particulier, ceux issus des colonies qui ont joué un rôle fondamental pour sauver les valeurs essentielles de la France.

Il ne faut jamais oublier qu’à partir du moment où les métropoles françaises ou britanniques sont concernées, le conflit devient mondial puisque les pays dépendants : protectorats, colonies sont eux aussi engagés. De plus, les promesses faites comme le discours de Brazzaville de De Gaulle pour entraîner ces peuples à soutenir leurs dominateurs et non tenues seront une des causes des révoltes comme celle de Sétif et des guerres d’indépendance. Il faut donc associer lors des cérémonies ces peuples soumis.

Prenons quelques exemples non exhaustifs

  • Pendant la première guerre mondiale

Parmi les légendes, celle du départ « la fleur au fusil » est particulièrement démentie en Afrique noire où la réquisition (et non la conscription en raison de l’absence d’état civil) se heurte à des révoltes, surtout dans la région de Bamako, durement réprimées par l’armée.

Combien d’entre nous savent que 100 000 Indochinois ont été envoyés en France, la moitié travaillant dans les usines d’armement au côté des femmes dans les emplois les moins qualifiés. L’autre moitié forme les bataillons de tirailleurs indochinois, engagés dès 1916 tant sur le front d’orient que sur le chemin des dames puis dans les Vosges.

  • Pour la seconde guerre mondiale, rappelons un simple fait :l’appel du 18 Juin 1940 n’a pratiquement pas été entendu en France et c’est dans l’ancienne AEF, grâce au gouverneur noir guyanais Félix Eboué, que le Général va pouvoir trouver les hommes de troupe qui vont former les FFL qui joueront un rôle essentiel, en particulier dans le débarquement de Provence, augmentés par les volontaires et les réquisitionnés d’Afrique du Nord à partir de novembre 1942. On peut dire que la France a été en partie libérée par ses colonies malgré les pressions américaines pour imposer un « apartheid », une discrimination comme eux la pratiquaient à l’époque mais aussi la volonté de De Gaulle qui va imposer le « blanchiment » de l’armée en incorporant des FFI dans les troupes de la libération et renvoyant chez eux les coloniaux avec une pension d’ancien combattant nettement inférieure à celle des Français, injustice qui n’est toujours pas réparée.
  • Enfin, n’omettons pas les guerres coloniales : de la Guerre du Rif à celle d’Algérie. Pour cette dernière, nous nous devons d’évoquer les Harkis, supplétifs de l’armée française et dont le nombre, mal évalué, est au minimum de 200 000. Après les accords d’Evian, le gouvernement français refuse d’effectuer un rapatriement massif ; De Gaulle refusant, entre autres, de distinguer le problème des Harkis de celui de l’immigration algérienne, voyant là (déjà !) une menace pour l’identité nationale : « Mon village ne s’appellerait plus Colombey-les-Deux-Églises, mais Colombey-les-Deux-Mosquées ! » (in Alain Peyrefitte « C’était De Gaulle » Fayard, 1994). Cependant, après les massacres ayant eu lieu en Algérie, le décret du 8/8/1962 met en place un dispositif d’accueil : les familles fuyant les représailles seront enfermées dans des camps de transit comme celui de Rivesaltes qui avait été créé pour recevoir les réfugiés espagnols dans des conditions indignes. Cette mesure provisoire durera pour certains plus de 20 ans car il n’était pas question d’héberger ces populations, 42 000 environ, tant que n’avaient pas été relogés tous les « pieds noirs », mesure discriminatoire s’il en est.

Certes les présidents de la République, surtout depuis Jacques Chirac, ont reconnu la plupart des responsabilités de notre pays vis-à-vis de ces peuples soumis mais tout concorde pour qu’on leur rende un hommage solennel lors de ces fêtes de la paix car ils ont tous permis de garantir à la France, une République démocratique.

A la fin de la commémoration, Jacques Lambour a interprété
un poème de Ludovic Janvier
"Du nouveau sous les ponts"

Publié dans Citoyenneté, paix, Histoire