Commémorations ce 8 mai : Victoire des alliés sur le nazisme, le massacre de Sétif, les 50 ans du 'Mé 67' en Guadeloupe

Publié le par LDH49

Le 8 mai nous célébrons la victoire des alliés sur l’Allemagne nazie qui a ouvert des années de paix en Europe : jour férié de commémoration dans chaque commune.

Nous souhaitons cette année y ajouter deux commémorations :

  • Le 8 mai 1945 est aussi lié au souvenir tragique des massacres de Sétif, en Algérie. Chaque année nous commémorons ce souvenir que doit assumer la France.
  • Il y a 50 ans, lors du ‘Mé 67’ en Guadeloupe, la population se soulevait suite à une agression raciste. Ce soulèvement durement réprimé a entrainé de nombreux morts. Aujourd'hui c'est la population de Guyane qui se soulève : il nous semble juste d'associer 50 ans après, les peuples de Guadeloupe et de Guyane aux commémorations.

Rendez-vous à 11h30 à Angers
sur le pont Confluence (pont du tram)
à l’invitation de 4ACG, la Libre Pensée, le Mouvement de la Paix, la LDH

Sétif et Constantinois – 8 mai 1945

« La question de la reconnaissance par la France des massacres de mai-juin 1945 dans le nord Constantinois a commencé à être posée publiquement en 2005 lors du cinquantenaire de cet événement. Une marche a eu lieu dans les rues de Paris, une projection du film documentaire de Mehdi Lallaoui a été organisée avec le soutien de la Mairie de Paris. La Ligue des droits de l’Homme a organisé un colloque avec des militants nationalistes algériens de l’époque et des historiens. En 2015, un collectif a lancé un appel à la reconnaissance de cette répression aveugle, signée par de nombreuses associations, et des rassemblements ont eu lieu à Paris, devant l’hôtel de ville, et dans d’autres villes. En même temps, des livres, des films documentaires, dont celui de Yasmina Adi diffusé sur France 2, ont mieux fait connaitre aux Français cet événement. En 2016, d'autres rassemblements ont eu lieu, notamment à Nanterre, à Paris, à Nîmes, à Roubaix. Cette année, la principale initiative sera un colloque international qui réunira des historiens algériens et français et où une table ronde posera avec force le problème de la reconnaissance par la France de la répression du 8 mai 1945 et des autres crimes qui ont ponctué son histoire coloniale.

C’est une question importante pour les relations franco-algériennes, car la reconnaissance par la France des crimes de sa colonisation est une condition au dépassement du passé colonial et au rétablissement de relations apaisée entre les deux pays. Mais, au sein de la société française, elle est importante aussi pour le dépassement par de toutes les mentalités et de tous les comportements hérités de l’époque coloniale. La reconnaissance de la part d’histoire dont les descendants de l’immigration algérienne sont les héritiers est liée à celle de leur place pleine et entière dans la société française et de la fin des discriminations à leur égard. Elle est indispensable pour que la société française en finisse avec l’héritage de l’époque coloniale. »

Extrait de l'entrevue de Gilles Manceron, historien et membre de la Ligue des Droits de l'Homme, avec le quotidien algérien El Watan.

 

‘Mé 67’ en Guadeloupe

 

Le 20 mars 1967 à la suite d'une agression raciste, la Guadeloupe se soulevait en commençant par Basse-Terre, demandant, entre autres, une augmentation des salaires. Le gouvernement français envoya aux Algériens le préfet Boulotte qui venait de s'illustrer en Algérie. Le 26 mai, le premier mort Guadeloupéen, victime du tir des militaires français regroupés devant la sous-préfecture de Pointe-à-Pitre, déclencha des émeutes qui se terminèrent par un carnage. Officiellement il y eut 8 morts, mais en 1985 un ministre français en reconnut 87. Le chiffre reste incertain. Ce drame contribua à orienter le combat des Guadeloupéens vers un combat de masse organisé dont aujourd'hui, l'Union Générale des Travailleurs Guadeloupéens et le LKP (Liyannaj Kont Pwofitasyon) sont les porte-parole.

 

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