Pour la Scientologie à Angers, la partie semble n’en être qu’à ses débuts

Publié le par LDH49

Le 3 février dernier dans notre article ‘Jugement du Tribunal de commerce dans l'affaire de l'agent immobilier scientologue‘, nous poursuivions nos interrogations sur les proximités entre la scientologie et des opérations immobilières douteuses. Cette affaire est entre les mains de la justice. Les plaignants qui ont perdu leur bien s’organisent et la Miviludes a alerté le parquet.
Ouest France fait le point ce mercredi 5 avril dans sa page ‘Pays de Loire/Maine et Loire'.

Le parquet saisi d’une enquête sur le scientologue

Cet Angevin conteste ce mercredi la liquidation de cinq sociétés civiles immobilières. Il en a créé une cinquantaine. Face à lui, des plaignants s’organisent. La Miviludes suspecte une infraction.

Il a fait appel des liquidations de cinq de ses sociétés civiles immobilières. Jean-François Charpenet, scientologue de haut rang, se retrouve, ce mercredi, devant la chambre civile de la cour d’appel d’Angers. Cet Angevin qui se présente comme un marchand de biens traverse une période délicate sur le plan des affaires. Créateur d’une cinquantaine de sociétés civiles immobilières, il enchaîne les décisions défavorables devant le tribunal de commerce d’Angers. En novembre, trois de ses entités ont été liquidées. Treize autres le 1er février dernier. Ses sociétés affichaient un passif de près de 15 millions d’euros. L’une d’elle, SARL Stirca, a bénéficié d’un plan de continuation. Malgré l’opposition de trois banques qui attendent le remboursement de plus de trois millions d’euros sur les 3,6 millions de dettes.

Plaintes de toute la France

Jean-François Charpenet intrigue. Président d’Action soutien à l’Association spirituelle de l’Église de scientologie du Centre-Ouest, il œuvre pour « fournir un soutien logistique » à la scientologie, « par la mise à disposition, gratuite ou pour un loyer modique de locaux ». Une mission qui résonne curieusement avec l’activité de cet homme, qui s’est illustré en pratiquant la vente à réméré, une procédure désuète de crédit contre hypothèque. Un mélange des genres qui n’a pas manqué d’attirer l’attention de la Miviludes. La Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires a alerté, le 25 janvier dernier, le parquet de Paris pour des faits susceptibles de constituer une infraction pénale. La procédure est arrivée, depuis le 3 mars, entre les mains du procureur de la République d’Angers, Yves Gambert. Vat-il ouvrir une enquête préliminaire ? Il est resté injoignable, hier toute la journée. Il ne devrait pas manquer de travail sur ce dossier complexe et technique. D’abord, parce que, dans ce domaine à la limite du droit civil, la recherche d’une éventuelle infraction s’avère ardue. Il s’agit de savoir si des manœuvres frauduleuses ont permis d’obtenir la signature des ventes. Ensuite, parce que les plaignants devraient affluer de toute la France. Car la carte des affaires de Jean-François Charpenet s’entend sur tout le territoire. Une dispersion qui ne devrait pas persister bien longtemps. Sous la férule d’un avocat de Valence, Me Serge Almodovar, les plaignants commencent à s’organiser. Courant mars, quelques-uns se sont réunis à Paris. « Une dizaine de personnes mais ça peut très vite augmenter, assure l’avocat. Les autres vont se joindre. » Une première plainte a été déposée « en urgence », pour un des protagonistes, menacé d’expulsion. Ce collectif informel devrait rapidement saisir la justice angevine. Et épaissir un dossier qui commence à devenir consistant. Contacté, Me Cyril Emanuelli, avocat de Jean-François Charpenet, a décliné notre proposition d’entretien.

Josué JEAN-BART.

 

Publié dans Dérives sectaires

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