Le Bloc identitaire en Anjou - des jeunes et des moins-jeunes…

Publié le par LDH49

L’ancrage de l’ultra-droite en Anjou

En mars 2011, les militants angevins du groupuscule d’ultra-droite, Bloc identitaire, emmenés par Benoît Couëtoux du Tertre, par ailleurs fonctionnaire à la préfecture, débarquent à brûle-pourpoint au Conseil municipal affublés de nez de cochons, les conseillers statuant alors sur la construction d’une mosquée à Angers. Traduit en justice, M. Couëtoux du Tertre est relaxé en appel, mais sera finalement muté à la sous-préfecture de Segré par son administration.

Un peu échaudé Benoît Couëtoux du Tertre se fait plus discret. Si c’est bien leur adresse personnelle qui apparaît comme siège social de la très singulière association aux relents fascisants l’Iliade, Institut pour la longue mémoire européenne, c’est sa femme Fabienne, qui en est la secrétaire et trésorière [1].

La création de l’Iliade répond aux derniers vœux de l’idéologue d’extrême droite, Dominique Venner, avant de se suicider par arme à feu dans la cathédrale Notre-Dame de Paris au printemps 2013.

Parmi les fondateurs de l’Iliade, on retrouve des noms bien connus comme Philipe Conrad (son président, lié au Bloc Identitaire), Bernard Lugan (proche du Bloc Identitaire) ou encore Jean-Yves Le Gallou (lié au Bloc Identitaire). Tous ont fait partie de mouvements nationaux d’extrême droite, d’ultra droite, de la nouvelle droite, et pour certains du FN. Le périmètre d’action de l’ILIADE ? L’Europe, naturellement... Ainsi leurs premiers colloques tenus à Paris, ont vu intervenir leurs alter ego d’Italie, Portugal, Serbie, Grande-Bretagne, Allemagne, etc.

Pour le premier anniversaire de cette sulfureuse association, le conseiller municipal Maxence Henry leur apportera son soutien sur twitter trouvant "tellement juste" la nouvelle vidéo de l’ILIADE intitulée "Ni Lampedusa, ni Bruxelles, être européen ! "

Les dérives des jeunes identitaires

En décembre 2013, l’un des jeunes identitaires ayant participé à l’opération nez de cochon se fera de nouveau remarquer, après s’être alcoolisé rue de Bressigny lors de la venue du directeur national du Front national de la jeunesse, Julien Rochedy ; il finira au commissariat.

En octobre 2016, c’est à partir de la même rue de Bressigny pour rejoindre la Place du Ralliement, que quatre militants de Génération Identitaire, la section jeunesse du Bloc Identitaire, vont organiser une ratonade frappant tout azimut, et proférant des insultes racistes en direction des personnes typées maghrébines ou noires, sur fond de chants nazis. Interpellés par les forces de l’ordre, l’un d’eux va frapper un policier au visage. Trois d’entre eux seront neutralisés et placés en garde-à-vue [2,3].

Six plaintes ont été déposées, la Ligue des droits de l’Homme et du citoyen du Maine-et-Loire s’est constituée partie civile aux côtés des plaignants.

L’un des auteurs, mineur à l’époque des faits, sera entendu par le juge pour enfants. Quant à Marc Henri Picard et François-Aubert Gannat, propre fils de Pascal Gannat, l’élu chef de file du FN au Conseil Régional Pays-de-la Loire, ils ont comparu le mercredi, 5 avril, devant le Tribunal correctionnel d’Angers.

C’est vrai que  François-Aubert Gannat a de qui tenir. Son père, avant de rejoindre le FN en 1984 a milité des années dans le groupuscule néofasciste, le Parti des forces nouvelles, une résurgence en 1974 d’Ordre Nouveau, qui venait d’être dissous. Parti des forces nouvelles, qui déjà puisait une partie de son idéologie dans les écrits de Dominique Venner.

 [1].https://www.polemia.com/linstitut-iliade-pour-le-grand-ressourcement/

[2].http://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/angers-49000/chants-nazis-insultes-racistes-et-coups-dans-le-centre-ville-d-angers-4626539

[3].http://ldh49.over-blog.org/2017/03/deux-militants-d-ultra-droite-face-aux-juges-la-ldh-est-partie-civile.html

Publié dans Dérives totalitaires

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