A la frontière de l’inhumanité

Publié le par LDH49

Frontière entre Figuig (Maroc) et Beni Ounif (Algérie)Frontière entre Figuig (Maroc) et Beni Ounif (Algérie)Frontière entre Figuig (Maroc) et Beni Ounif (Algérie)

Frontière entre Figuig (Maroc) et Beni Ounif (Algérie)

A la frontière de l’inhumanité

Des personnes réfugiées bloquées entre le Maroc et l’Algérie

A la frontière de l’inhumanité

Des personnes réfugiées bloquées entre le Maroc et l’Algérie

Bruxelles/Copenhague/Paris/Tunis, le 27 avril 2017

Des personnes réfugiées de Syrie, parmi lesquels une vingtaine d’enfants, sont laissés sans ressource depuis une semaine dans le désert non loin de la ville de Figuig (Maroc). EuroMed Droits et ses organisations membres alertent sur l’urgence de la situation, la nécessité d’une prise en charge humanitaire et d’un accès inconditionnel à l’accueil et au respect des droits de ces personnes.

Plus de 60 personnes ont traversé la frontière algéro-marocaine le 18 avril 2017 pour rejoindre le territoire marocain. Onze d’entre elles ont été expulsées le jour même : EuroMed Droits constate que ces personnes réfugiées n’ont pu ou voulu faire entendre leur demande d’asile en Algérie, et ont été refoulées du Maroc au mépris du principe de non-refoulement et des garanties procédurales inscrites en droit marocain. Ces personnes sont depuis laissées sans ressource en Algérie en violation de la convention de Genève relative au statut des réfugiés.

Une cinquantaine de personnes restent, depuis, bloquées près de la ville de Figuig (Maroc) sans ressource dans une zone désertique. Elles ne peuvent s’appuyer que sur l’aide des associations et des résidents (eau, nourriture, couverture). Au sein du groupe se trouvaient deux femmes enceintes dont une a accouché en plein désert, sans soutien d’aucune sorte, dimanche 23 avril.

Une fois de plus, la fermeture de la frontière et sa militarisation entrainent des violations des droits, notamment le droit pour les personnes réfugiées d’obtenir protection et de ne pas être pénalisées lorsqu’il s’agit de franchir des postes frontières non habilités comme EuroMed Droits le dénonce depuis plusieurs années.[1]

Si certaines personnes peuvent, selon nos sources, faire valoir un droit à la réunification familiale au Maroc, EuroMed Droits souligne que toutes relèvent du droit d’asile et peuvent, à ce titre, voir leur situation examinée dans le cadre de la nouvelle politique migratoire mise en place par les autorités marocaines.

Plus d’une semaine après l’alerte lancée par les associations sur la situation, les conditions de survie imposées par les autorités marocaines et algériennes à ces personnes réfugiées sont inhumaines et injustifiables. EuroMed Droits rappelle que le droit international impose à tous les Etats le respect inconditionnel du droit à la vie, au respect de la dignité humaine, à la protection contre des traitements inhumains et dégradants, ainsi que du droit au respect de l’intérêt supérieur de l’enfant. Chacun de ces droits est bafoué.

EuroMed Droits et ses organisations membres appellent de toute urgence les autorités marocaines et algériennes à assurer la protection des personnes réfugiées dans le plein respect du droit international, et appellent de toute urgence les autorités marocaines à permettre l’accès de toutes les personnes maintenues à la frontière à des soins de santé approprié, à une solution d’accueil pérenne, et à un examen le plus rapidement possible de leur situation personnelle en vertu du droit d’asile.

Voir les publication d'EuroMed Droits : Maghnia, la frontière infranchissable (2013) et Loin des regards : les personnes migrantes et réfugiées prises au piège – Militarisation de la frontière entre l’Algérie et le Maroc (2015)

 

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