Deux militants d’ultra-droite face aux juges - La LDH est partie civile

Publié le

Dernière minute : L'audience a été reportée au 05 avril 2017 (Voir en fin d’article)

Membres du groupuscule Génération Identitaire, ils avaient été interpellés après un déferlement de violences, à Angers.

Ils sont tous les deux poursuivis pour des violences en réunion, outrages, violences sur personnes dépositaires de l’autorité publique. Et, pour l’un d’eux, pour provocation à la haine et à la violence à l’égard d’une personne ou d’un groupe en raison de son origine. Deux hommes âgés de 19 et 39 ans sont convoqués devant le tribunal correctionnel d’Angers, ce mercredi. Un troisième jeune homme est mis en cause, mais, alors âgé de 17 ans, lui sera convoqué devant un juge pour enfants. Tous membres du groupuscule d’extrême droite Génération Identitaire, ils ont été arrêtés après un déferlement de haine et de violence en quatre épisodes, dans la nuit du vendredi 21 au samedi 22 octobre 2016. Juste après les faits, nous relations des chants nazis entonnés en plein centre-ville d’Angers, diverses insultes racistes proférées en direction des personnes typées maghrébines ou noires, et une pluie de coups. De la rue Bressigny à la place du Ralliement. Jusqu’au commissariat. Interpellés vers 3 h, ils avaient été placés en garde à vue, mais libérés à l’issue du week-end, malgré des agressions sur des policiers. « Le temps a permis aux enquêteurs d’entendre de nombreux témoins, de caractériser chacune des infractions et d’établir des liens. La police a fait un travail remarquable », assure Me Bougnoux, qui représentera la Ligue des droits de l’homme. Elle s’est constituée partie civile, à la fin janvier. Deux autres avocats angevins, Mes Jarry et Rouiller, plaideront les intérêts d’au moins trois victimes chez les policiers. Côté défense, Me Delinde a sollicité un renvoi. Et il ne prévoyait pas, hier, de faire le déplacement, en Anjou. « J’ai une autre affaire à plaider le même jour, à Nanterre », affirme-t-il. Cet avocat des Hauts-de-Seine a déjà assisté, par le passé, un proche du leader régional du FN, Pascal Gannat. Aujourd’hui, l’un de ses fils, François-Aubert Gannat, 19 ans, se présentera à la barre des prévenus du tribunal d’Angers.

Nathalie HAMON et Josué JEAN-BART, OUEST-FRANCE 8 mars 2017

________________________________________________________

L’un des avocats de la défense, Me Fabrice Delinde, avait sollicité un renvoi. Les membres du groupuscule Génération Identitaire, interpellés après un déferlement de violences à Angers, seront à nouveau convoqués devant le tribunal correctionnel d’Angers très prochainement, le 5 avril.

"Je ne m’associe pas à la demande renvoi, mais je suis respectueux des droits de la défense." Au tribunal correctionnel d’Angers, ce mercredi 8 mars, Céline Maigné, procureure, s’est associée à ces propos de Me Jean-Pierre Bougnoux, l’un des avocats de la partie civile. Il représente la Ligue des droits de l’homme, dans une affaire de violences peu habituelle.

Une date proche

À la demande d’un avocat de la défense, Me Fabrice Delinde, du barreau des Hauts-de-Seine, le tribunal correctionnel d’Angers a décidé de renvoyer ce dossier mettant en cause trois membres du groupuscule Génération Identitaire. Dont l’un d’eux, mineur, aura affaire à un juge pour enfants. Les faits semblent suffisamment jugés sérieux pour que la date choisie soit proche : ils devront à nouveau se présenter à la barre, le 5 avril.

Provocation à la haine

Les deux majeurs, 19 et 39 ans, sont mis en cause pour des violences en réunion, outrages, violences sur personnes dépositaires de l’autorité publique. En l’occurrence cinq policiers, qui se sont constitués parties civiles.

Le plus jeune des prévenus est, par ailleurs, soupçonné de provocation à la haine et à la violence à l’égard d’une personne ou d’un groupe en raison de son origine.

Chants nazis

La série de faits s’est déroulée en quatre épisodes, dans la nuit du vendredi 21 au samedi 22 octobre 2016. Nous relations, à l’époque, des chants nazis entonnés en plein centre-ville d’Angers, diverses insultes racistes proférées en direction des personnes typées maghrébines ou noires, et une pluie de coups. De la rue Bressigny à la place du Ralliement. Jusqu’au commissariat central de police. Plusieurs des agresseurs présumés avaient été arrêtés, vers 3 h.

De nombreux témoins

Plutôt qu’une comparution immédiate, le parquet d’Angers s'était donné un délai, le temps de permettre aux enquêteurs de police d'entendre de nombreux témoins et de caractériser chacune des infractions.