Une délinquante solidaire d’Angers témoigne

Publié le

Le samedi 11 février 150 personnes se rassemblaient place du Ralliement à Angers pour refuser que la solidarité devienne un délit.

Tous les soirs de la semaine des citoyens vont à la rencontre de sans-abris à l’entrée de Rouchy ou dans les rues d’Angers. Est-ce un délit que d’aller à leur rencontre, d’échanger et de leur apporter nourriture ou boisson ?

Il semblerait que cela pourrait le devenir

En effet le mardi 14 février, une équipe du secours Catholique, qui comme chaque mardi soir part en maraude à la rencontre des sans-abris d’Angers s’est fait interpelée par la police. Claire Mériaux faisait partie de l’équipe et a témoigné sur Facebook.

Avec son accord, nous publions intégralement son « Coup de gueule du soir »

Je fais des tournées de rue depuis 3 ans auprès des sdf d'Angers : on propose du café ou de la soupe aux gens qu'on rencontre, prétexte à entrer en relation avec eux, gratuitement, simplement pour discuter, et gagner en humanité. Je considère aussi que c'est un engagement citoyen, une façon comme une autre de se sentir engagée dans la "vie de la cité". Ces tournées sont organisées par le Secours Catholique - Caritas France d'Angers, donc forcément, ça a aussi un lien avec ma Foi.

Mais aujourd'hui, alors qu'on commençait à distribuer quelques cafés à la gare, nous avons été interpellés par une équipe de 4 flics. Relevé des identités (nom, prénom, date et lieu de naissance, adresse), interrogatoire sur les tournées de rue : adresse et nom de la responsable, demande des papiers d'autorisation (alors que ces tournées se font à Angers 3 fois par semaine depuis plus de 10 ans). Soi-disant pour des questions d’hygiène concernant la distribution de nourriture (des dosettes de café et des soupes en poudre nous concernant...)

Il y a quelques jours j'ai été choquée par le dépôt par la mairie de Calais d'une benne à ordure devant les locaux du Secours Catholique, empêchant des migrants mineurs de prendre des douches. Je suis choquée aussi par l'interpellation de personnes accusées d'être venues en aide à des migrants, et par bien d'autres choses encore. Mais cette fois-ci c'est moi qui suis interpellée, parce que je vais dans la rue avec un sac à dos pour parler aux gens. Je ne sais pas quels mots employer pour dire à quel point je trouve ça lamentable que des bonnes volontés soient prises à partie ainsi. De l’intimidation, mais pourquoi faire ? Pour empêcher les gens de se parler dans la rue ? Pas besoin d'avoir la Foi pour ça, juste d'un peu d'humanité.

Avec elle, croyants ou non, nous continuerons à
nous revendiquer #délinquantsolidaire

Publié dans Solidarité