Pédophilie, quel dard a piqué Monseigneur Delmas ?

Publié le par LDH49

L’Anjou, éclaboussée par la pédophilie, ça n’est malheureusement pas nouveau[1]. Et il faudra bien un jour se poser la question du pourquoi !

Dernier rebondissement en date, la curieuse sortie de Monseigneur Emmanuel Delmas, évêque d’Angers, largement reprise par la presse régionale et nationale. Son caractère incongru amenant à se poser des questions.

Concernant les affaires d’abus sexuels, Mgr Delmas, expliquait en 2012 qu’il souhaitait cultiver une certaine discrétion. Ainsi, alors qu’il était informé depuis près d’une année de faits d’atteinte à l'intimité de la vie privée et attouchements sur deux secrétaires par le recteur de l'Université catholique de l'ouest, remercié depuis, il avait gardé le silence jusqu’à ce que l’affaire n’éclate par ailleurs. Pour justifier sa position, jonglant avec les doubles-négations, il expliquait au journal Ouest-France : « Les faits étaient graves, je n'allais pas les excuser pour que cela ne s'ébruite pas sur la place publique. Si les deux femmes avaient voulu porter plainte, je leur aurais dis d'agir en conscience ! » Il soupire « Si dans notre société, nous ne pouvons plus porter des faits dans une certaine confidentialité, alors je crois qu'il n'y a plus d'avenir possible pour le bon ordre de la vie en commun. » (Edition du 12/12/12).

Beaucoup plus téméraire cette fois Mgr Delmas accuse, et Le Courrier de l’Ouest d’écrire : « Une bombe. L'évêque d'Angers Monseigneur Delmas a adressé un message sur le site internet du Diocèse d'Angers. Dans celui-ci, il accuse de pédophilie, sur la base de deux témoignages de jeunes adultes, un prêtre du diocèse, l'abbé Houard, le fondateur de l'école supérieure de communication, l'IRCOM basée aux Ponts-de-Cé. Décédé fin 2012, ce prêtre ne peut pas se défendre de ces accusations. C'est aussi pour cette raison qu'aucune action en justice ne sera engagée à son encontre. » (Edition en ligne du 15/02/17).

Effectivement, toute action en justice est aujourd’hui impossible, sauf peut-être de la part de la famille Houard pour atteinte à la mémoire du défunt, mais ceci serait probablement assez mal venu.

Pourquoi diable le discret Mgr Delmas ouvre-t-il une telle boite de Pandore ? D’autant qu’il entend bien également la contrôler, précisant à ses disciples « Je vous demande, vous aussi de faire preuve de disponibilité, en accueillant le cas échéant, toute personne qui souhaiterait se confier sur ce sujet, et de m’en informer. » (Site du diocèse d’Angers, courrier du 1/02/17).

Ne serait ce pas plutôt aux autorités de l’état (santé publique, police, justice) de recueillir les témoignages et plaintes. Pour les victimes souhaitant témoigner, s’adresser au défenseur des Droits ou (et) la Ligue des droits de l’Homme du Maine et Loire qui les aideront dans leurs démarches.

 

[1] Depuis l’affaire des sœurs Liaigre, début des années 2000, où, en plus des parents sera mis en cause un mystérieux mouvement ésotérique jamais inquiété, en passant par l’affaire hors norme des années 2005 dite du « réseau pédophile d’Angers » qui verra le renvoi en prison de plus de 60 personnes, avec ses extensions vers Château-Gontier, Laval et ses questions restées sans réponses, les affaires se répètent, les réseaux prospèrent… Plus près de nous, le magnétiseur Joubert ou l’affaire Deneux/Guillouche, quand ce n’est pas l’ancien pédiatre Claude Polet ou encore cet ex-militaire du génie d’Angers. Bref, l’horrible, telle une photocopieuse devenue folle, se reproduit à intervalles réguliers au pays de la douceur angevine.

 

Publié dans Justice

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