Une soirée de veilleurs à l’abri de nuit de Rouchy

Publié le par une veilleuse de Rouchy

Soirée à noter dans les annales : arrivés à 20h15, c’est à 22h05 que nous quittons Rouchy et tout le monde a une place ! Lors de nos précédentes veilles nous avons terminé vers 23h après avoir réussi à trouver un toit pour ceux qui n’avaient pas eu de place.

A notre arrivée, nous avons été accueillis par la famille soudanaise. Tandis que le papa garde le bébé, la maman et les 2 filles se précipitent pour nous aider à décharger le coffre. La cadette s’accroche à moi pour un long câlin.

A trois veilleurs, on ne chôme pas ! Nous avons installé une petite table où nous posons une partie de notre matériel : la cocotte pleine de potage maison, (mais c’était trop peu, nous en avons manqué !) les sandwichs, le chocolat chaud, l’eau chaude, café, thé, sucre, pain, etc..

Marie Pierre a aussi apporté des vêtements.

Répondre aux demandes des uns et des autres occupe tout notre temps jusqu’à 21h30. En effet c’est à cette heure que sont rentrés la majeure partie des ‘hébergés’. Pour les autres, étrangers, femmes seules, c’est l’heure de l’appel au 115… Lignes occupées, longues sonneries… Grande solidarité dans le partage des téléphones. Large sourire lorsqu’on a enfin une place.

Nous avons pu échanger malgré tout quelques mots avec Karim, Bouzid, Gaston qui est venu à pied depuis Bordeaux mais qui va se poser un peu car à cette saison, c’est plus difficile de dormir à la belle étoile; Joseph parle des vendanges dont il revient dans le Beaujolais. Tomy, Enzo et Anaïs sont calmes ce soir et on peut plus facilement discuter. Jean-Paul est présent au milieu des autres mais il ne va pas jusqu’à se mêler aux conversations.

Mathis dit qu’il doit signer prochainement un contrat pro et qu’il aura une place en FJT.

Nous avons juste le temps de saluer Ethan, Adam, Daoud., Diallo et Rostam toujours aussi agréables qui viennent dire bonjour à chacun. 

Hasanraka est de retour. Elle est fatiguée, et inquiète. Elle passera à la permanence LDH demain. En revanche Meryem n’est pas là. Les autres pensent qu’elle a trouvé un hébergement pour quelques jours, mais ne savent pas où elle est, en particulier Svetlana et Danil. Lui me demande avec insistance de leur trouver un hébergement pour le week end ; il me montre mon carnet pour que je note sa demande. Du coup, la famille Radani s’y met aussi … J’explique que trouver une famille pour accueillir 7 personnes ce ne sera pas facile. Artoran, albanais, est arrivé depuis hier mais déjà il demande à faire du bénévolat (c’est Hasanraka qui traduit). Il s’est proposé aujourd’hui aux restos du cœur.

Iba annonce avec un grand sourire que son Kamel revient demain. L’autre Iba arrive avec Talia Elles ont le sourire toutes les deux. La notification de la place en CADA a été faite vendredi soir mais elle doit attendre que CVH l’appelle. Je trouve que c’est bien long, mais elle est plus patiente que moi. Et Talia a le moral : « les 2 copines ont leur place en CADA, la prochaine ce sera moi ! »

Nous n’avons pas vu beaucoup d’enfants ce soir : la famille soudanaise, le jeune couple Radani avec le bébé de 7 mois, les 2 enfants albanais scolarisés et leur maman, une jeune femme mauritanienne avec 2 petites filles (6 et 8 ans) a été amenée par un compatriote. C’est la première fois qu’elle vient, elle a été hébergée chez quelqu’un pendant quelques jours.

Nous n’avons pas vu la dame libyenne et ses 3 enfants pour laquelle un signalement a été fait ce soir à l’OFII.

Remarque : dans ce récit tous les noms et prénoms sont modifiés

Quatre jours par semaine des veilleurs se relaient à l'entrée de Rouchy

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