Hébergements d’urgence SDF, migrants : et si on se concertait à Angers ?

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Nous avons sur Angers des situations paradoxales :

  • Des demandeurs d’asile qui n’ont pas de place en CADA comme le prévoit la loi et qui se retrouvent soit à l’hébergement de nuit à Rouchy, soit dans des squats, soit à la rue et pour quelques familles transitoirement à l’hôtel. Certains même sont mineurs. Les femmes dont nous parlions dans notre article du 3 septembre [Chaque soir des femmes seules dorment dans les rues d’Angers, la peur au ventre] n’ont toujours pas de place en CADA comme elles l’ont expressément demandé à Mme la préfète et à l’OFII.
  • Des personnes seules (hommes et femmes) et des familles avec de jeunes enfants dont certains sont scolarisés qui n’ont d’autres solutions que d’appeler le 115 en journée pour certains, le soir à 21h30 pour d’autres. Ils se retrouvent selon le nombre de places disponibles soit à l’hébergement de nuit de Rouchy, soit à la rue. Un exemple : Mardi soir 6 septembre une fillette de 10 ans, scolarisée dans une école d’Angers, et ses parents n’ont pas eu de places à Rouchy, la veille ils ont du attendre 23h pour y entrer !

La conjonction des deux situations crée un engorgement à Rouchy. De plus ce type d’hébergement (uniquement de nuit !) est totalement inadapté, particulièrement pour les familles avec enfants et les personnes nécessitant des soins.


Photo du Courrier de l'Ouest du 27/01/16 à l'entrée de Rouchy

L’hébergement est de la compétence de l’Etat, dont la prise en charge spécifique des demandeurs d’asile. C’est donc la préfecture qui gère l’hébergement d’urgence (évaluations des situations faites par le 115), le conseil départemental est concerné par l’enfance (ASE : aide sociale à l’enfance) et est propriétaire de l’un des squats, la mairie met à disposition des locaux, dont ceux de Rouchy. Enfin de nombreuses associations interviennent quotidiennement près de ces personnes en situation précaires.

Aujourd’hui il n’y a pas de prise en charge réellement concertée. Régulièrement la coordination migrants demande que se mette en place une concertation entre les différents acteurs. Pour l’instant cela est sans effet. Nous craignons même l’évacuation de squats sans solution de rechange pour ceux qui y vivent.

Sur Paris, une concertation pour un hébergement d’urgence des migrants se met en place entre la mairie et le ministère (voir l’article de Médiapart : Le camp de réfugiés de la Ville de Paris sort de terre). C’est encore fragile car cela repose sur une fluidité qui nécessite des ouvertures de places supplémentaires vers des CADA en sortie.

Mme la ministre Emanuelle Cosse a parlé récemment d’éventuelles réquisitions de logement vides comme le prévoit la loi du 29 juillet 1998. Il est urgent que cela rentre dans les faits.

A quand la concertation à Angers ?

 

Rappel: il existe sur le Maine et Loire une plateforme
ressource inter-associative pour l'accueil des migrants

Cliquer sur l'image pour y accéder

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