Chaque soir des femmes seules dorment dans les rues d’Angers, la peur au ventre

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De jour en jour, la situation s’aggrave. Malgré de nombreux logements vides, de plus en plus de personnes dorment à la rue à Angers : population composite de SDF, d’expulsés, de migrants. L’hébergement de nuit très sommaire de Rouchy est saturé : les appels au 115 n’aboutissent pas toujours (lignes surchargées en soirée) et en ce moment, chaque soir, plus de 25 personnes ayant réussi à le joindre n’y auront même pas accès faute de places suffisantes !

Parmi eux certains ont des droits qu’ils ne peuvent faire appliquer et qui pourtant désengorgerait le 115 ! C’est le cas des demandeurs d’asile qui devraient être hébergés en CADA, conformément aux dispositions prises pour mettre en œuvre les garanties prévues par la directive européenne de 2003 fixant des normes minimales d’accueil.

Exemple d’un témoignage recueilli ce jeudi :

Une jeune femme, blessée, a du fuir son pays pour arriver en France après un périple très difficile. Elle nous explique sa situation, attestations administratives et médicales à l’appui :

Je suis rentrée en France depuis 9 mois. Je suis demandeuse d’asile. Depuis mon entrée en France, j’habitais chez une femme à qui je versais mensuellement 100€ prélevé sur mon ADA [Allocation pour Demandeur d’Asile – 204€/mois], mais elle est partie cet été. Début août j’ai été hébergée quelques jours par une autre personne vivant seule. Au retour de son mari j’ai dû quitter l’appartement.

J’ai depuis appelé le 115. Au début j’avais une place tous les soirs à l’hébergement de nuit de Rouchy, mais depuis quelques semaines c’est devenu difficile. Je dois appeler à partir de 21h30. Parfois je ne peux pas obtenir la communication, et il arrive qu'on me demande de rappeler à 22h, mais alors il n’y a plus de place et il est trop tard pour chercher d'autre solution que la rue. J’ai passé plusieurs nuits dehors. Je ne peux pas dormir car j’ai peur d’être agressée. Je n’ai pas le moral.

En journée c’est très difficile pour l’hygiène. Episodiquement je trouve quelqu’un qui veut bien m’accueillir pour une douche. J’ai beaucoup de difficultés pour marcher suite à des blessures reçues dans mon pays et mal soignées dans le pays voisin lors de ma fuite malgré 2 mois d’hôpital. J’ai une ordonnance pour une radio avant une opération, mais je ne peux pas envisager cette opération sans possibilité de logement à la sortie. On a également décelé des problèmes de thyroïde qui m’inquiètent beaucoup. Je suis suivie très régulièrement (analyses, traitements). Je ne réussis pas à dormir, je suis sous somnifères.

Je suis prête à aller n’importe où en France pourvu que mon dossier médical soit transféré là où je serai.

Avec le soutien de la LDH, quatre femmes dans cette situation ont demandé à faire valoir leur droit ce vendredi 2 septembre par fax à Mme la Préfète et l’OFII (Office Français de l’Immigration et de l’Intégration) ! Seront-elles entendues ?

Là comme ailleurs, le droit doit être effectif !

Pour ceux qui souhaitent à titre personnel apporter une aide ponctuelle,
il existe depuis Juin 2016 une plateforme
‘SOSmigrants49’

Merci de partager ce témoignage.