Vigi Gender : ils voient des genres partout

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Vigi Gender : ils voient des genres partout

« Le genre en images », c’est une jolie plaquette d’une 50aine de pages avec couverture sur papier glacé, illustrée du regard sombre d’un poupin pas vraiment rieur, que les écoles publiques du Maine-et-Loire ont reçues en ce joli mois de mai. Le Collectif Vigi-Gender du 49 a donc appliqué à la lettre le proverbe en mai fait ce qu’il te plait, mais ça fait tout de même un peu tousser… La LDH49 en a aussi reçu un exemplaire.

Traquant et dénonçant toute expression pouvant renvoyer vers la théorie du genre dans l’espace publique ou éducatif, à la page EDITO du site internet de Vigi-Gender on peut lire :

« Chers parents,
Nous avons décidé de prendre la parole pour décrypter la voix que nous entendons tous les jours : une conception de l’égalité qui nie la différence et la complémentarité homme-femme dans tous les champs de la société.
Cette égalité, fondée sur le Gender, conteste l’évidence pour détruire nos différences : nous sommes homme ou femme, synthèse de notre corps (inné) et de notre culture (acquis). Pour le Gender,  rien n’est déterminé. Tout repose sur les choix de chacun au cours du temps.
Notre combat contre cette idéologie s’inscrit dans la durée et nous devrons agir sans jamais lâcher prise. »

« Combat », « idéologie », « sans jamais lâcher prise », voilà bien là des éléments du vocabulaire guerrier souvent utilisé par les groupes liés à l’intégrisme catholique le plus réactionnaire. Pour s’en rendre compte il suffit de voir que le site internet VigI-Gender.fr est propriété de l’association La Manif pour Tous, bien connue pour sa très grande tolérance.
Dès début 2014, l’antenne 49 de La Manif pour Tous identifiait son référent local Vigi-Gender, dont le rôle est «  d’informer les habitants du Maine-et-Loire sur le "Gender" et sa diffusion à l’Ecole, de soutenir les parents relais VigiGender dans les écoles et de soutenir les enseignants défavorables à cette diffusion. Il est en contact avec les autorités et associations de parents au niveau départemental. »

La LDH49 s’inquiète de l’identité « des autorités » avec lequel notre M. VigiGender49 serait en contact.
Nationalement, Vigi-Gender co-organise aussi des réunions où l’on peut y croiser des personnages ou des organisations des plus connotés. C’est le cas par exemple du professeur Henri Joyeux, longtemps président de Familles de France, et aujourd’hui poursuivi par le Conseil de l’Ordre des médecins pour ses déviances professionnelles. Sa venue dans les écoles d’Angers en 2012 fut remarquée, et le Courrier de l’Ouest dans son édition du 5 octobre titrait alors «  Les étranges leçons sexuelles du professeur Joyeux ».

Partenaire également de Vigi-Gender, l’Alliance Vita du non moins célèbre Tugdual Derville auquel la LDH49 s’était déjà intéressée dans son article « Angers, laboratoire pour une nouvelle spiritualité fascisante ?
Alliance Vita,
est une association qui fait un travail de fond, et forme à un nouvel intégrisme moral. Ainsi début 2014, le diocèse d’Angers a assuré la logistique des réunions pour cette organisation avec des thèmes prompts à élever le débat: « Maternité, grossesse, IVG : questions et enjeux » ; « Les dérives dans les pays ayant légalisé l’euthanasie » ; « Qu’est-ce que la dignité humaine ? » « Une enquête sur la diffusion du genre en école… », etc. La venue à la même époque de Tugdual Derville à la Catho donnera lieu à des débordements avec violences et blessés. Rappelons aussi la grande proximité de ce monsieur avec des congrégations parmi les plus rigoristes de l’Eglise Catholique, comme L’Emmanuel, Les Légionnaires du Christ, ou encore l’Opus Dei.

La LDH49 ne peut que s’inquiéter de voir les mêmes acteurs locaux relancer des débats clivant, s’adressant directement par courriers aux responsables des écoles publiques du département.

* Article publié le 30 juin 2014
NB: On peut aussi consulter l'article du SNUIPP publié sur notre site