Diffusion de la brochure « Vigi-gender » dans les écoles : attention ! offensive réactionnaire !

Publié le par SNUipp

Diffusion de la brochure « Vigi-gender » dans les écoles : attention ! offensive réactionnaire !

La brochure "Vigi-Gender"

Plusieurs écoles du département nous ont tout récemment informés qu’elles avaient reçu une brochure des vigi-gender intitulée « Le genre en images », qui présente un ensemble d’allégations mensongères sur une prétendue « théorie du genre » (lire l’article du Monde : Cinq intox sur la « théorie du genre »), en une cinquantaine de pages. Le SNUipp-FSU est d’ailleurs cité plusieurs fois, et l’éducation à l’égalité et la lutte contre les discriminations sont de nouveau discréditées.
Cette diffusion de brochures s’est également faite dans les écoles de Paris en février dernier.
Nous rappelons ci-après quelques éléments d’information, au cas où vous devriez faire face à cette propagande mensongère.
Vous pouvez télécharger aussi le supplément Fenêtre sur Cours du SNUipp : "Eduquer contre l’homophobie".

Une « théorie du genre ? »

Au risque de nous répéter, cette théorie n’existe pas ! Il existe des recherches sur le genre, qui est parfois défini comme un outil d’analyse, parfois comme un système de hiérarchisation entre les sexes (les deux définitions ne s’excluant pas forcément). Ceux qui s’élèvent contre le « genre » sont ceux qui en réalité en sont les gardiens du temple !

Quelques réponses pour les parents

Si l’école travaille sur les stéréotypes filles-garçons, c’est pour qu’ils ne soient pas un carcan pour les enfants, et qu’ils ne limitent pas leur épanouissement personnel de filles ou de garçons. On ne met pas dans la tête des enfants qu’ils pourraient choisir leur sexe ! Leur identité ne sera pas brouillée, ils pourront au contraire mieux s’affirmer individuellement : on leur montre qu’être fille ou garçon ne doit pas forcément conditionner leurs choix de loisirs, de lectures, de sports, de métiers...
La « complémentarité des sexes » est un mythe, chaque fille, chaque garçon est un être unique, et il n’existe pas de particularités de goût, de caractère ou d’aptitude qui seraient partagées par toutes les filles ou par tous les garçons.
L’éducation à l’égalité et l’éducation à la sexualité existent depuis longtemps à l’école, il n’y a rien de nouveau. Il ne s’agit pas de parler de pratiques sexuelles, encore moins de faire des démonstrations ! C’est une éducation au respect entre les sexes, afin de prévenir et d’empêcher les violences sexistes et/ou homophobes et les abus sexuels, doublés de quelques notions de science sur la reproduction animale et humaine.
Quant à faire la promotion de l’homosexualité, cela ne tient pas : on ne choisit pas d’être homosexuel-le, ni hétérosexuel-le d’ailleurs. Donc parler de couples homosexuels, c’est parler d’amour, d’affection (et non de pratiques, là encore), et cela n’aura pas de conséquences sur l’orientation sexuelle des enfants. En revanche, cela peut éviter des suicides pour celles et ceux qui se découvriront homosexuel-les à l’adolescence.

Qui se cache derrière les vigi-gender ?

Ces collectifs de parents auto-proclamés sont des émanations de La Manif pour tous, certains ayant aussi des liens avec l’Association des Familles Catholiques. Faute d’avoir pu empêcher l’ouverture du mariage aux couples de même sexe, ils s’en sont pris à l’école publique, dès septembre 2013. A l’époque, leur cible était les ABCD de l’égalité.
Il s’agit donc clairement d’une offensive de l’extrême droite et des catholiques traditionalistes, visant à l’ingérence des familles par rapport aux contenus d’enseignement, jetant la suspicion sur toutes les activités d’éducation contre les discriminations.

NDLR: La LDH 49 a également été destinataire de cette brochure!